
DU MONDE
Les Représentations
Ce qui change le monde, c'est la connaissance. Rien d'autre, rien ne peut transformer le monde. — Yukio MISHIMA, Le Pavillon d'or
Quand nous naissons, nous venons au monde et, dès lors, nous employons notre vie à y faire notre place en tentant de nous le représenter clairement. Mais comment appréhender la Terre, la nature, l'univers avec l'aide de nos sens et de notre entendement limités ? Le problème est de taille tant et si bien que, à défaut de connaître le monde, nous nous contentons de l'imaginer pour nous en faire une idée, une idée particulière et plus ou moins subjective. C'est pourquoi les représentations que l'homme se fait du monde, de ses congénères, du vivant et de l'univers n'ont cessé de fluctué en fonction des époques et des lieux, des cultures et des croyances, des progrès techniques et des découvertes scientifiques.
De fait, comment appréhender le monde ? Quelles images nous faisons-nous du monde et pourquoi ? Dans quelle mesure les représentations du monde nous influencent-elles ? Qui plus est, de quel monde parle-t-on ? Qu'est-ce qui constitue notre monde ? S'agit-il de toute la réalité physique, de notre planète, de la nature, de notre pays, de notre civilisation, de notre société, de nos fréquentations, de notre idéologie ? Cette question fondamentale est à la base des progrès de l'humanité : au fond, dans quel monde vivons-nous ?
De la Renaissance au Siècle des Lumières, l'Europe part à la découverte du Monde et s'ouvre à la pluralité des cultures. Alors les sciences remettent en cause les théories traditionnelles sur la Terre, l'astronomie redessinant le cosmos à l'infini, les naturalistes inventoriant la faune et la flore, car les cartes reflètent une nouvelle vision du globe terrestre, car l'anthropologie naît et débat sur le relativisme entre barbares, sauvages et civilisés ou entre les religions. De l'humanisme de Montaigne à l'audace de Voltaire et de Rousseau, les mentalités bougent jusqu'à la Révolution Française. L'esprit critique prend alors un essor nouveau.
La révolution de la pensée s'accompagne logiquement d'une révolution dans les modes de représentations tant décrire, figurer, imaginer sont des actions intimement liées. Sur le plan esthétique, les artistes s'interrogent sur le rapport entre art et réalité car l'art doit-il juste imiter ou inventer ? La sculpture se raffine tandis que la peinture met en place la perspective et ne cesse d'évoluer au fil des courants. L'urbanisme se projette dans des plans de ville ou d'usine idéales quand l'architecture s'érige en langage codée. Tout en dépeignant la nature, l'homme se dresse des autoportraits et se crée des récits fictifs lourds de sens.
Déboussolé dans ce vaste univers dont il n'est plus le centre, l'homme se remet en question et s'interroge sur sa juste place parmi le règne des vivants. L'homme est-il un animal comme les autres ? Condillac, entre autres, interpellé par la théorie de l'animal-machine, s'intéresse aux bêtes : « Il serait peu curieux de savoir ce que sont les bêtes, si ce n'était pas un moyen de connaître mieux ce que nous sommes. » Jusqu'à quel point sommes-nous responsables du sort des animaux et de la pérennité de la vie ? Que révèle de nous notre rapport aux animaux ? Et si les êtres humains se mettent à agir de manière inhumaine, qui sont vraiment les monstres ?
Étapes au programme
I. Découvert du monde
et pluralité des cultures
1. Le Tour du monde avec les explorateurs
2. Magna carta : le monde à la carte ?
3. La Terre au sein de l’Univers
4. L’étranger en Terra incognita
5. L’humanisme et l’esprit critique
II. Décrire, figurer, imaginer
6. L’inventaire des Sciences
7. Au regard des artistes : imiter ? inventer ?
8. Au miroir des Beaux-Arts
9. L’utopie : en rêve ou en projet ?
10. L’homme en portraits
III. L’homme et l’animal
11. L’homme ambivalent : la bête humaine ?
12. La relation homme-animal
13. Des indices zoologiques
14. La faune des doublures
15. La figure du monstre : l’inhumain




